Oxfam in West Africa
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La communauté internationale a encore, une fois de plus, échoué en Afrique de l’Ouest étant donné que les fonds de relance post Ebola annoncés ont dû mal à être tracés

February 1st, 2016 Posted in ebola, Français, Gouvernance, Guinea, Humanitaire, inégalités, Libéria, Santé, Services essentiels, Sierra Leone

Les dirigeants du monde ne parviennent pas à honorer leurs promesses vis-à-vis des communautés dévastées par le virus Ebola en Afrique de l’Ouest, avec 5,8 millions de dollars de fonds de relance engagés qui s’avèrent presque impossible d’être retracés, a dénoncé Oxfam aujourd’hui.

Six mois depuis la Conférence Internationale sur la relance post Ebola à New York, au moins 1,9 milliard de dollars des fonds engagés n’ont pas été remis, alors que très peu d’informations sont disponibles sur les 3,9 milliards dollars restants.

Aboubacry Tall, Directeur Régional d’Oxfam pour l’Afrique de l’Ouest  déclare: «Nous savons que 1,9 milliard de dollars des fonds promis n’ont même pas été engagés dans un pays spécifique, mais nous ne pouvons pas dire avec certitude combien des fonds engagés restants ont été effectivement remis.»

« Un manque de transparence pendant tout le processus, de la part des donateurs, des organismes d’exécution et des programmes sur le terrain, signifie qu’il nous sera difficile de savoir ce que les différents donateurs ont donné comme argent, à qui ils ont été remis et dans quel but. »

L’épidémie d’Ebola a fait régresser les pays touchés de plusieurs années; la dégradation des systèmes de santé déjà insuffisants et la ruine des moyens de subsistance des populations. Les donateurs et les gouvernements de la Sierra Leone, du Liberia et de la Guinée doivent agir maintenant pour honorer leurs engagements envers les communautés en publiant des informations exactes, pertinentes et détaillées sur l’aide fournie et les efforts de relance post Ebola.

Il a fallu près de deux ans, plus de 11.300 décès, une fourniture massive des ressources, une assistance technique et des milliards de dollars de partout dans le monde pour lutter contre l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest. Pourtant, malgré cela, la semaine dernière, 150 autres personnes ont été exposées au risque d’Ebola en Sierra Leone, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Ce n’est pas la fin de la maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest ou dans le monde.

«Pour que les pays puissent construire rapidement les systèmes de santé dont ils ont besoin, les gouvernements et les communautés doivent savoir quelle aide ils reçoivent, quand elle vient, où elle va et ils doivent avoir leur mot à dire dans la façon dont elle est utilisée. Nous exhortons les donateurs  à «joindre les actes à la parole» et démontrer ce que signifie vraiment la transparence par, au minimum, la publication d’informations conformément aux normes de l’Initiative Internationale pour la Transparence de l’Aide » affirme Tall.

Comme les Chefs d’Etat africains se réunissent à Addis-Abeba cette semaine  a l’occasion du sommet de l’Union Africaine pour discuter du thème ‘’ faire de 2016 l’année des Droits de l’Homme en Afrique’’, Oxfam les interpelle à porter un regard particulier sur le Droit à la Santé. Il y a 15 ans, les dirigeants africains se sont engagés à allouer 15% de leurs budgets au secteur de la santé – une action urgente est nécessaire pour atteindre cet objectif. Un investissement adéquat dans les systèmes de santé, l’eau, l’hygiène et l’assainissement est vital pour protéger des vies.

La lenteur dans l’identification et la réaction des services de santé du gouvernement pour les cas récents en Sierra Leone et au Libéria montrent clairement qu’ils ne sont pas encore en mesure de répondre efficacement à la maladie à virus Ebola et autres maladies hautement contagieuses.

Selon Tall : « Bien que Oxfam et d’autres organisations aient répondu par la mobilisation des volontaires communautaires, ceci n’est pas suffisant. Si nous voulons réussir, les communautés doivent faire partie du processus et de la planification, dès le début.

Après la récente épidémie d’Ebola au Libéria, je suis horrifié de voir l’émergence des mêmes raisons de méfiance. Les rumeurs étaient endémiques, certaines personnes ne croyaient pas que c’était le virus Ebola et d’autres ont estimé qu’il avait été réintroduit sciemment. Des rumeurs comme celles-ci sont extrêmement dangereuses et peuvent conduire à une situation de complaisance de la part de la communauté.»

Afin d’éviter que la même tragédie ne se reproduise, Oxfam exhorte le gouvernement de la Sierra Leone, du Libéria et de la Guinée à autonomiser les communautés afin qu’elles occupent un rôle de premier plan dans leur propre santé, en faisant en sorte que les populations locales soient placées au cœur des décisions sur la destination des ressources et comment elles sont utilisées. L’expérience d’Oxfam lors de la réponse Ebola a montré que le leadership communautaire et la confiance dans les systèmes de santé locaux sont absolument vitaux et doivent être considérés comme une nécessité médicale.

 

FIN

Pour plus d’informations ou pour organiser un entretien, veuillez contacter:

Addis Abeba: Helen Yosef Hailu – Téléphone +251 11661 1601 / Mobile: +251 911 126098 / Email helen.yosef@OxfamInternational.org

Dakar: Aissatou Sall – Téléphone +221 33 859 3723 / Mobile: +221 77 223 4389 / Email asall@oxfam.org.uk

Notes à l’attention des Rédacteurs:

Selon l’analyse d’Oxfam, un total de 5,8 milliards de dollars ont été annoncés pour la relance post Ebola, dont 5,2 milliardsde dollars ont été annoncés lors de la Conférence internationale sur la relance post Ebola à New York en Juillet ici à 2015https://ebolaresponse.un.org/sites/default/files/summary_report.pdf

Au minimum, un tiers (1,9 milliard de dollars) n’a pas encore été attribué à un pays spécifique dans une déclaration d’engagement et encore moins par le biais d’autres engagements fermes à des programmes de relance. Comme il existe peu d’informations sur les fonds qui ont été alloués à l’effort de relance post Ebola, ceci est notre meilleure estimation et représente le montant minimum qui n’a pas encore été alloué.

23.000 enfants ont perdu un ou deux de leurs principaux soignants – Ce chiffre est tiré d’u  rapport de l’UNICEF Janvier 2016: http://www.unicef.org/media/media_89810.html.

En Avril 2001, les chefs d’Etat des pays de l’Union africaine se sont réunis et se sont engagés à fixer un objectif d’allouer au moins 15% de leur budget annuel à l’amélioration du secteur de la santé. En 2013, juste avant l’épidémie d’Ebola, seulement 6 membres de l’UA avait honoré ces engagements et la moyenne de la CEDEAO (Afrique de l’Ouest) était de seulement 8% avec juste 6,22% pour la Sierra Leone.http://heapol.oxfordjournals.org/content/early/2013/06/03/heapol.czt031.full.pdf.

Le 7 Novembre, 2015, l’OMS a déclaré la fin de la transmission de la maladie à virus Ebola en Sierra Leone, moins de 10 semaines plus tard, le 12 Janvier, 2016 une femme en Sierra Leone est morte du virus Ebola. Selon l’OMS, 150 personnes ont été exposées au virus, 50 d’entre elles sont considérées comme étant à haut risque. http://apps.who.int/ebola/current-situation/ebola-situation-report-20-january-2016.

Liberia a connu deux nouveaux foyers du virus Ebola depuis qu’il a été déclaré libre du virus Ebola, le 9 mai 2015, le premier a été identifié le 30 Juin, 7 semaines seulement après que la fin de la transmission ait été déclarée et le deuxième le 19 Novembre, 2015.

Note sur la méthodologie:

Oxfam définit les fonds de relance post Ebola comme étant tous les fonds qu’un donateur a déclaré être pour soutenir l’effort de relance. Pour compter ces fonds, Oxfam a examiné les comptes des donateurs à partir des communiqués officiels,  médias et médias sociaux autour de la conférence d’appel de fonds de Juillet 2015 des Nations Unies, et les réponses des enquêtes directes avec des contacts dans les agences de donateurs. Nous avons comparé les données recueillies à travers ce processus avec les données existantes sur les appels de fonds disponibles via l’ONU, la Banque Mondiale, et la recherche précédente menée par la  Campagne ONE. Les divergences ont été résolues au profit du plus grand chiffre annoncé publiquement, avec l’intention d’être plus inclusif plutôt que sous-inclusif. Pour tous les donateurs, les montants annoncés ont été utilisés, même s’’ils n’ont pas fait l’objet d’obligation contractuelle (engagés). L’intention était de ratisser plus large pour capturer tous les fonds disponibles pour la relance post Ebola sur la base des déclarations publiques des donateurs. Il s’agit des fonds restants de la réponse (même si ils n’ont pas été expressément déclarés être redéfinis en tant que fonds de relance), mais PAS les fonds spécifiquement alloués à la recherche et au développement.

 

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