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Nourricières sans droit à la terre

September 11th, 2015 Posted in Agriculture, Burkina Faso, Burkina Faso, Campagne CULTIVONS, Gender, Genre, GROW Campaign, Inégaités, Let's tackle hunger, Taclons la faim
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Salimata Koné

Les  femmes au Burkina Faso  représentent 65 % des producteurs agricoles  et assurent plus de 60%  de l’agriculture nationale. Pourtant, elles n’ont  droit ni à la terre ni aux intrants  ou tout au moins leur accès à ce capital est  très limité. Parmi ces « sans terre », Salimata KONE, productrice agricole à  Tarfilla,  à une dizaine de kilomètres de Banfora dans la Région des Cascades,  illustre bien cet état de fait. Avec ses  deux enfants, Salimata ne dispose que  d’un maigre lopin de terre appartenant à son mari, véritable  détenteur  de  tous les droits y compris la terre et l’essentiel du capital foncier familial.

Ni dans son village d’origine ni dans le village du mari , la femme n’a droit à la terre ! La faute à une tradition coriace  et patriarcale basée sur des relations de pouvoir inégal faisant la part belle aux hommes. Pourtant des terres exploitables existent et Salimata  a le droit d’y accéder  pour nourrir ses deux enfants et sa famille élargie dont elle a la  charge.

En attendant que les hommes veuillent bien lui céder sa part  et que les leaders coutumiers s’engagent résolument dans l’égalité de genre en acceptant le partage équitable des ressources, Salimata comme des milliers d’autres femmes cultivatrices se bat pour améliorer ses conditions et celles de sa famille.

Déterminée avec sa « daba » archaïque, son principal allié,  d’arracher  un jour des entrailles de la terre son droit humain d’accès et de contrôle de la ressource, elle ne se décourage guère. Elle attend. Elle affronte avec abnégation l’adversité de la nature  pour arracher à son lopin de terre de quoi nourrir sa progéniture. Chaque année, elle produit  des arachides, du bissap et des légumes.

Avec sa daba rudimentaire, elle mène un combat acharné contre les mauvaises herbes mais  aussi contre la discrimination et les inégalités de genre  tout en espérant au bout de la course récolter ne serait-ce que   quelque 50 kg de céréales et  de légumes. Un  bien maigre  butin! A peine de quoi nourrir ses enfants pendant cinq mois. Alors pour joindre  les deux bouts d’une saison à une autre, Salimata vend ses services dans les champs des autres comme ouvrière agricole une fois ses récoltes finies.

Pendant la saison sèche, toujours combinant ses rôles reproductif, productif et communautaire, elle jette son dévolu sur  les occupations saisonnières de la SN SOSUCO dans les champs de  canne à sucre en attendant des lendemains meilleurs, sans doute, le jour où elle et toutes les femmes du Burkina  Faso verront  leur droit d’accès à la terre devenir une réalité.

Ce rêve, elle le caresse depuis longtemps dans l’espoir de le voir  se réaliser. Et comme toutes les femmes rurales, elle essaie de croire aux politiques publiques qui  essaient tant bien que mal de faciliter un accès équitable et  sécurisé de la femme rurale  à la terre et de respecter le quota des 30% de femmes bénéficiaires de parcelles dans les aménagements hydro-agricoles.

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