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Petel Habè : bientôt la fin des défécations à l’air libre !

June 24th, 2015 Posted in Burkina Faso, Français, Santé, Services essentiels

Alou Hamidou, recevant son kit, des mains d’un promoteur d’hygiène

Améliorer l’accès à l’assainissement, l’approvisionnement en eau potable et l’adoption des bonnes  pratiques d’hygiène pour prévenir les maladies hydriques notamment le Choléra, c’est le défi que OXFAM au Burkina Faso tente de relever dans le Sahel à travers le projet Choléra dans le Sahel. La deuxième phase du projet entamée en juin  2014, a bousculé les mentalités et les pratiques dans trois villages dont Petel Habè,  dans la commune rurale de Seytenga, dans la province du Sèno où désormais chaque ménage dispose d’une latrine. 

Avec ses maisons ocres en toits de chaumes noircis par les  rayons du soleil toujours ardents en ce mois de mai 2015, Petel Habè, se confond à tous les villages du Sahel. Pourtant Petel, se démarque de la majorité des villages pour avoir massivement adhéré à la méthodologie de l’ATPC  (Assainissement total piloté par les communautés) ; une initiative conduite par OXFAM au Burkina  dans le cadre d’un projet de  prévention du choléra dans la région du Sahel. Aux alentours de toutes les concessions trônent, en effet, des latrines qui font la fierté des habitants de Petel Habè, à l’image de Alou Hamidou, 46 ans, « propriétaire » de latrines pour la première fois  de sa vie. Pour lui et  les  sept (7) autres membres de son ménage, tout comme les autres habitants du village, et contrairement à bien de villages de la Région du Sahel, la défécation à l’air libre, sera désormais un vieux souvenir. C’est du moins la promesse faite par Alou qui en tant que chef de ménage à promis de veiller à ce que tous les membres de sa famille fassent désormais recours aux latrines. Il n’aura même pas besoin de mettre la pression sur qui que ce soit car c’est un grand soulagement confesse Diallo Fadima Hamidou, une autre bénéficiaire pour qui, au-delà de l’assainissement, les latrines constituent une bouffée d’oxygène surtout pour les femmes : fini les longues distances pour se soulager et les risques de se faire surprendre par des passants. Place désormais à la propreté dans le village avec tout ce qu’elle implique comme bienfaits sur la santé des populations.

400 latrines  au profit des ménages vulnérables

Au total, 125 latrines ont été réalisées dans le village. Outre Petel, deux autres villages ont été accompagnés dans l’acquisition de latrines grâce au projet mis en œuvre par OXFAM et son partenaire. Il s’agit de Bani dans la province du Soum  avec 130 latrines et Ibbal dans  celle du Yagha avec 145 latrines, soit au total 400 latrines ventilées à fosse unique avec dalle sanpla , une option technologique de gestion des excréta conforme aux recommandations sur l’assainissement. Elles ont été subventionnées  par OXFAM à 42 % environ du cout Total de la construction.

Mais bien avant la distribution  des kits d’hygiène, de nombreuses initiatives ont été prises pour porter les messages sur les bonnes pratiques en matière d’hygiène aux populations : Porte à porte, communication de groupe, théâtre fora, jeux radiophoniques, etc. Des messages qui ont contribué à changer, les comportements dans le village car de l’avis de Salamata DABRE, promotrice d’hygiène « les mentalités commencent à changer. Avant, à l’entrée des concessions, les matières fécales étaient partout ; maintenant c’est des choses qu’on ne voit plus ». Mais l’offensive de OXFAM au Burkina en faveur de la promotion de l’assainissement ne s’arrête pas là. Des kits d’assainissement composés de poubelles, de brouettes, des râteaux, des balais avec et sans manche, des brosses avec manche, des seaux de 20 litres, des lave-mains, du savon, des gants de ménage, des masques anti-poussière… ont été distribuées dans les écoles et dans les centres de santé et de promotion sociale.  Les scolaires et leurs encadreurs ont également été bénéficiaires de séances de sensibilisation sur les bonnes pratiques d’hygiène à observer afin de prévenir le choléra et le corps enseignant, les parents d’élèves (APE), les mères éducatrices (AME) et les cuisinières ont également bénéficié d’une séance de formation sur l’eau, l’hygiène et l’assainissement en milieu scolaire

Enfin, pour assurer de l’eau de boisson de qualité aux populations et satisfaire les besoins de désinfectants des centres de santé, des kits de production de chlore ont été installés dans 11 CSPS (Centre de santé et de promotion sociale) de 11 villages de la région du Sahel. Ces kits, pour Maiga Mahamoudou, membre du comité de gestion de point d’eau à Seytenga, ont permis de préserver la santé des enfants qui avant tombaient fréquemment malades. Et quand les enfants sont bien portants c’est l’avenir qui s’annonce radieux.

Ousmane Diallo, Responsable médias et communication, OXFAM au Burkina

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