Oxfam in West Africa
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2014, Année de l’agriculture et de la sécurité alimentaire

May 13th, 2014 Posted in Accaparement des Terres, Agriculture, Campagne CULTIVONS, Français, Uncategorized
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Conférence continentale commune des acteurs non étatiques sur l’agriculture et la sécurité alimentaire,UA,Addis Ababa, Avril 14

Il y a deux semaines, j’ai dirigé, une équipe composée de collègues d’Oxfam en provenance d’Afrique de l’Ouest, d’Afrique australe et de l’Est, de FFH (Female Food Heroes) venues du Nigeria, d’Ethiopie et de la Tanzanie, de RWA (Rural Women Assemblies) basées en Afrique du Sud et des partenaires venus de différents pays / différentes régions du continent. Notre objectif en tant que membres fondateurs de NSA (Non State Actors / acteurs non étatiques) était d’influencer positivement les résultats de la réunion ministérielle.

J’ai été véritablement honoré de prendre la parole durant la conférence continentale commune des acteurs non étatiques sur l’agriculture et la sécurité alimentaire. Le chemin parcouru, depuis que 2014 a été déclarée “année de l’agriculture et de la sécurité alimentaire” par les chefs d’État africains, a été long et difficile mais aussi enrichissant dans la mesure où plus de 120 organisations et réseaux ont approuvé les 10 recommandations qui constituent la voie pour passer de la rhétorique à l’action.

Avant de vous embarquer dans notre voyage, permettez-moi de vous rappeler qu’en juillet 2003, les chefs d’État et de gouvernement africains se sont engagés à Maputo, à réduire la faim et la pauvreté en consacrant au moins 10% de leur budget national à l’agriculture. Les organisations de la société civile africaine ont salué, avec beaucoup d’espoir, cet engagement solennel. 10 ans après, seuls 8 pays africains sur 54 ont tenu leur promesse; et certains étant dans l’impossibilité de briser le cercle vicieux de la crise alimentaire et de la nutrition.

En Afrique, l’agriculture contribue à hauteur de 45%, en moyenne, dans nos économies et emploie 60% de la population active. Paradoxalement, ce sont ces agriculteurs, pêcheurs et éleveurs qui nous nourrissent qui souffrent le plus de la pauvreté, des crises alimentaires répétitives, des effets du changement climatique, de la flambée des prix et de la malnutrition.

Notre rôle, à Oxfam, ne consiste pas seulement dans ce cas précis à parler au nom des acteurs non étatiques, mais aussi à raconter une partie de l’histoire qui a commencé il y a de cela quelques  années, avec un groupe d’organisations qui pensaient que l’avenir que nous voulons ou l’avenir que l’Afrique mérite doit être collectivement construit par les acteurs étatiques et les acteurs non étatiques. De nombreuses consultations ont été menées par des organisations paysannes et des ONG nationales et internationales basées en Afrique, des organisations de femmes, des mouvements de jeunes et diverses coalitions. Ces acteurs ont participé de façon significative à l’élaboration des 10 recommandations pour atteindre l’objectif « faim zéro d’ici à 2025 » indiqué dans les résolutions ministérielles.

Cependant, comme le prouvent de nombreuses études, investir dans l’agriculture peut réduire la pauvreté de manière durable et significative. Cela signifie que soutenir véritablement nos exploitations familiales permet de produire plus, de créer de la valeur ajoutée et de réduire les risques de pénurie et de crise alimentaire dans le continent. En fait, la croissance dans le secteur de l’agriculture en Afrique subsaharienne est 11 fois plus efficace relativement à la réduction de la pauvreté que tout autre secteur.

2014 est une occasion unique pour les chefs d’Etat et de gouvernement en Afrique, de se rappeler les engagements pris en 2003, de les renouveler et de transformer ces engagements en actions. Nous aimerions attirer votre attention sur les faits suivants:

–       En Afrique, 223 millions de personnes souffrent encore de la faim

–       La majorité des personnes souffrant de la faim sont des agriculteurs, des éleveurs, des agricultrices et leur famille. En somme, ceux qui nous nourrissent!

Investir dans l’agriculture en mettant l’accent sur l’agriculture, mais pas uniquement sur l’exploitation​​ familiale est un moyen efficace pour:

  • Permettre aux familles africaines de mieux manger, sans risques de pénurie ou de crise alimentaire
  • Aider les agriculteurs, les éleveurs ainsi que les femmes qui s’activent dans l’agriculteur et la pêche à sortir de la pauvreté et à offrir un avenir meilleur à l’Afrique!

Aujourd’hui, les agriculteurs, les pêcheurs et les éleveurs africains ont besoin d’un engagement renouvelé en faveur de l’agriculture africaine afin de les aider à mettre fin à l’insécurité alimentaire en Afrique!

Les chefs d’Etat ont le pouvoir de créer de nouvelles opportunités pour transformer la vie de millions d’agriculteurs, de pêcheurs et d’éleveurs et offrir un avenir prometteur aux générations futures.

 

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