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Sécurité dans le nord du Mali

April 23rd, 2014 Posted in Gender, Governance, Mali
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Oxfam et son partenaire Union Pour un Avenir Ecologique et Solidaire (UAVES) mettent en place des programmes visant l’amélioration de la sécurité alimentaire et des droits des femmes.

Dès que l’avion atterrit à Gao, je remarque les premiers signes des combats au Mali. Il ne reste plus grand-chose de ce qui fut un aéroport international. Les murs de l’espace d’attente sont criblés de balles. Les fenêtres ont été soufflées de leurs coulisses. La route entre Bamako et Gao n’étant toujours pas assez sûre, nous prenons un vol des NU.

Gao est torride, poussiéreuse et pauvre, très pauvre. Presque en pleine désolation. Suite aux combats au Mali, le peu d’infrastructure qui existait a été détruit. Les hôpitaux ne peuvent toujours pas faire face aux besoins de la population.  De nombreuses écoles sont toujours fermées. Bien que la sécurité à Gao soit meilleure que dans les villages dans le reste du nord, les attaques de roquettes et les explosions le long des routes sont fréquentes.

Les femmes peuvent à nouveau sortir de chez elles !

La sécurité est justement le sujet de notre entretien avec une association de femmes qu’Oxfam et son partenaire Union Pour un Avenir Ecologique et Solidaire (UAVES) soutiennent par des programmes visant l’amélioration de la sécurité alimentaire et des droits des femmes. Dans le nord du Mali, environ 1,5 million de personnes ont besoin d’une aide d’urgence. La crise alimentaire au Mali due à la sécheresse et au manque de terres agricoles  adaptées est accentuée par les combats (NDLR : découvrez plus sur la crise alimentaire et le changement climatique dans notre Uitgelicht Sahel[SV1] . L’année dernière, de nombreuses personnes ont fui les djihadistes et les terres agricoles ont donc été abandonnées à l’état sauvage.

De plus, ce sont surtout les femmes qui travaillent la terre et ce sont justement elles qui ont été visées par l’interdiction des djihadistes extrémistes de sortir de leur maison et de travailler leur terre. Les jardins potagers où nous nous trouvons aujourd’hui appartiennent aux femmes qui ont appris par le biais de l’UAVES comment elles peuvent optimiser leurs cultures. Sur cet hectare de terre, 36 femmes ont chacune une parcelle sur laquelle elles cultivent des légumes. Elles expliquent qu’elles utilisent un peu plus de la moitié de la récolte pour leur consommation personnelle et vendent le reste au marché.

Zali Mahana est mère de cinq enfants. Elle commente la crise : « Quand les djihadistes occupaient Gao, nous ne pouvions plus nous montrer en rue. Cela a duré environ dix mois. Aujourd’hui, nous pouvons à nouveau travailler et cultiver des légumes dans notre jardin potager. Avec l’argent que nous gagnons au marché, nous pouvons par exemple  acheter de la farine et de l’huile».

Violence sexuelle

Malheureusement, Zali et les autres femmes que je rencontre se sont vues confrontées à un autre problème. Les filles et les jeunes femmes sont souvent victimes d’abus sexuels par les militaires présents, y compris les troupes des Nations Unies. Les organisations de femmes l’ont rapporté à la radio locale.  Tant avant qu’après la crise, des viols sont quotidiennement signalés dans le nord du Mali. En entendant ces récits, la colère monte en moi. Quelle que soit la cause ou le dieu pour lequel les hommes se battent, les femmes sont systématiquement violées et humiliées lors des conflits et des guerres. Je suis contente que mes collègues à Gao y soient particulièrement attentifs. Pourtant, j’ai entendu tellement de récits semblables que je me demande si cela arrêtera un jour et ce que nous pouvons faire de plus pour éliminer du monde toutes les formes de violence envers les femmes.

Une ville blessée

La sécurité est aujourd’hui un thème récurrent dans toutes les conversations avec les organisations locales, le maire et autres représentants des autorités locales. Le gouverneur de Gao, qui me reçoit chaleureusement, insiste : « Votre visite dans une ville qui n’est toujours pas sûre met en évidence l’importance que vous accordez au Mali. Pendant la crise, c’était l’anarchie totale dans la région. Nous essayons maintenant d’avoir d’abord les équipements de base pour les citoyens. Nous avons déjà fait beaucoup pour la sécurité. Nombreux sont ceux qui avaient  fui la ville et qui sont de retour. Mais la sécurité doit également s’améliorer dans les villages. Et sur les routes ».

Ville blessée disposant de peu de moyens financiers,  Gao se trouve dans une situation fragile et par manque de moyens et de soutien suffisant des pays bailleurs de fonds, les perspectives – surtout pour de nombreux jeunes – ne sont certainement pas prometteuses…

FARAH KARIMI | Executive Director
Oxfam Novib

 [SV1]http://www.oxfamnovib.nl/Sahel-.html

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