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Haïti:les résidents des camps dans l’œil du cyclone

Vendredi 24 aout 2012, il est 3 heures et 7 minutes, les vents forts et les pluies intermittentes qui accompagnent la tempête tropicale Isaac frappent déjà la cote sud du pays. A Port-au-Prince, la douce brise, ne laisse est tres peu appréciée, craignant  qu’elle soit chassée dans les prochaines heures par des vents violents.

Au camp Golf Club de Pétion-Ville, où vivent 18,000 sinistrés, victimes du tremblement de terre de janvier 2010, les visages sont pour le moins sceptique quand à l’avenir proche de ce vaste terrain de golf transformé en camps de refuge pour des milliers de survivants d’une catastrophe qu’on n’avait pas annoncé.

Emily avec son enfant dans le camp Golf

« J’ai été informé du cyclone par le biais de la radio », raconte d’une voix limpide Kerline Vincent, son fils de 18 mois sur ses jambes, les yeux rivés sur un frigo dans lequel son mari expose des boissons fraiches.

La température étant calme, la demande a un peu baissé. « Nous n’avons fait aucune préparation faute de moyen économique », regrette la mère de famille de 24 ans. Toutefois elle avoue connaitre  les risques car en juillet suite à un fort vent un arbre avait détruit plusieurs tentes et des familles étaient sauvées de justesse. « Nous avons connu des moments difficiles en terme de mauvais temps depuis que nous nous sommes installés ici, alors nous allons encore une fois résister », espère-t-elle, résignée.

Tout prêt, les voisins de Kerline s’activent. Le va et vient est fréquent dans le point d’eau et les riverains essayent d’identifier tant bien que mal ce qui peut causer un malheur en cas de vents ou de pluies ou des deux à la fois. « Nous avons rattaché les lampadaires pour éviter des conséquences regrettables et certains ont curé les canaux qui jouxtent leurs tentes pour atténuer les risques d’inondation », explique le vendeur au point d’eau construit par Oxfam.

Soudain arrive un quinquagénaire du nom de Eliphète Guervil, un mégaphone en main. Il fait du volontariat pour le compte de l’organisation chargée de la gestion du camp. Son message est clair et simple. « Si vous êtes dans une zone à risque, déplacez-vous », crie-t-il sans se soucier des regards indifférents des badauds.

En effet, il informe qu’un espace a été identifié pour accueillir les vieillards, enfants, femmes enceintes et handicapés. « La vigilance est de mise. Il y aura des volontaires en différents points ce soir munis de sifflet et de lampe de poche qui vont sillonner le camp même s’il pleut », raconte-t-il tout en évoquant sa formation en secourisme.

Une activité incesante se develope dans le camp Golg avant de la tempete.

 

Malgré tout, Kerline n’est pas plus rassurée. Elle et les 390,000 occupants des 600 villages de tentes qui persistent 32 mois après la catastrophe, sont exposés aux risques d’inondation, de  glissement de terrain, de remonter du choléra, ce qui ne pourra qu’aggraver une situation déjà pourrie.

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